Juin 07

Faire les causes du mariage islamique ou placer sa confiance en Allah ?

D’après Anas Ibn Malik (qu’Allah l’agrée), un homme a demandé au Prophète (que la prière d’Allah et son salut soient sur lui) s’il devait laisser sa chamelle libre puis rentrer à la mosquée en faisant confiance à Allah. Le Prophète (que la prière d’Allah et son salut soient sur lui) lui a dit: « Attache la et fais confiance à Allah ». (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°2517 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Tirmidhi)

Alors, CONCRÈTEMENT, ça veut dire quoi “faire les causes” pour trouver son futur conjoint quand on est une femme ?

Tu penses peut-être (comme je l’ai pensé pendant très longtemps) que c’est à l’homme de faire les causes et de te trouver. C’est à l’homme de te repérer (ou sa famille) et venir sonner à ta porte pour te demander en mariage. Et c’est vrai que quand tu regardes autour de toi, en général c’est comme ça que ça se passe…

Tu vois peut-être que tes cousines ou copines ont plein de demandes en mariage et qu’elles ont juste à choisir le meilleur prétendant, et toi ???

>> aucune demande ou que des cas sociaux qui veulent juste les papiers !!!

(oui j’ai connu ça moi aussi…)

Bref, si tu restes passive, tu vas voir les années défiler, et tu vas attendre désespérément que quelque chose se passe… Et arrivé un certain âge, on te considérera de toute façon comme “périmée” et personne ne viendra demander ta main.

Ce poids culturel et cette mentalité (que je trouve détestable personnellement), ne sont pas les seules causes du problème, il faut bien le dire. Je crois qu’avant de se lancer dans son projet, il faut bien comprendre les causes de tes difficultés. Ce qui te permettra de savoir comment chercher, où chercher et pourquoi tu as tout intérêt à passer à l’action et ne pas attendre qu’un potentiel “cas social” veuille bien te demander en mariage.

Je te propose de visionner cette vidéo parce que je trouve que l’intervenant a trouvé très justement les mots pour expliquer le fond du problème, et je trouve cette vidéo éclairante et inspirante. N’hésite pas à me donner ton avis en commentaire sous l’article 😉 ! Et une fois que tu auras vu cette vidéo, je te propose de lire mon prochain article où je te donnerai des idées de causes très concrètes à faire pour trouver ton futur conjoint incha Allah.

Bisous bisous ma sœur 😉 

 

Et si tu préfères lire, plutôt que de regarder la vidéo, je t’ai retranscrit ci-dessous le discours de l’intervenant traduit en français* :

Toutes les louanges reviennent à Allah, le Seigneur des mondes. Que la bénédiction et le salut soient sur le Maître des Prophètes et des Envoyés, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons, et sur ceux qui cheminent sur sa Voie jusqu’au Jour Dernier.

Qu’Allah nous accorde d’être du nombre de ceux-là, et de « ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres et s’enjoignent mutuellement la Vérité, et s’enjoignent mutuellement l’Endurance » (sourate 103 verset 3). Amin, Ô Seigneur des mondes.

Avant de poursuivre, je me réfugie auprès d’Allah contre satan le maudit.

« Qui évitent les grands péchés ainsi que les turpitudes, et qui pardonnent après s’être mis en colère » (sourate 42 verset 37).

« Seigneur, ouvre-moi ma poitrine, et facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu’ils comprennent mes paroles » (sourate 20 versets 25-28). Amin, Ô Seigneur des mondes.

Une fois de plus, que la paix, la miséricorde et la bénédiction d’Allah soient sur vous !

Je ne vous entends pas !

(réponse du public)

Comment allez-vous ?

(réponse du public)

Et la concentration, comment ça va ?

Je vous demande ça parce que je sais que RIS est connu pour ça. Nous n’avons rien de tel aux Etats-Unis, parce que nous avons une faible capacité de concentration. Apparemment vous n’avez pas le même problème ici.

Ici vous avez conférence sur conférence sur conférence sur conférence… sur conférence, alors que chez nous c’est plutôt con…(ronflement)…férence, (rire) vous voyez ?

Donc je ne sais pas comment vous faites pour tenir le coup.

Alors avant de commencer à parler, je vais faire comme avec mes élèves, je vais vous demander de tous vous lever.

Levez-vous, levez-vous. Faites-le. Allez, allez, allez. Etirez-vous, faites ce que vous avez besoin de faire pour vous réveiller, mettez-un coup de poing à votre voisin, ce que vous voulez, mais faites quelque chose. Bon, ne vous emballez pas trop, rasseyez-vous. Ok.

Eh, ne comptez pas ça dans mon temps de parole, remettez le compteur à zéro, ce n’est pas juste, je n’ai même pas encore commencé !

Ok, alors on m’a donné ce super sujet pour mon intervention, et le titre… Quand j’ai vu le titre je me suis dit : « Oh mon Dieu ! Je vais m’attirer des ennuis ! » Muslima claire de peau cherche docteur.

Mais je pense qu’au delà de la controverse, ou du moins, de ce titre un peu provocateur, c’est un moyen d’aborder un problème plus sérieux, que je vais tenter de formuler ici aussi clairement que possible.

C’est un thème qui mériterait bien plus que 32 minutes et 55 secondes mais je pense néanmoins pouvoir introduire le sujet et apporter un peu de matière à la réflexion, pour entamer le débat que vous pourrez ensuite poursuivre dans vos familles.

Personnellement, je pense que la priorité numéro 1, c’est de changer la manière dont les familles prennent leurs décisions. C’est la priorité numéro 1. Si nous pouvons avoir un impact sur la manière dont les parents, les enfants, les jeunes, les couples mariés, la manière dont les gens prennent leurs décisions pour ce qui est de leurs familles, et sur les décisions qu’ils prennent, alors nous sommes dans la bonne direction incha’Allah wa ta3ala.

Donc je vais me concentrer sur vos familles et la mienne.

La première chose, c’est qu’on ne se marie pas de la même manière aujourd’hui qu’il y a 30 ans, à l’époque. C’était très très différent à l’époque. Et c’était différent dans le monde musulman, dans le monde arabe, dans le sous-continent indien, en Afrique… C’était tout simplement une approche différente du mariage.

Lorsque les jeunes gens étaient en âge de se marier, les parents, comme toutes les familles se connaissaient, tout le monde vivait dans le même quartier, etc., donc le cousin du cousin d’une amie de la personne disait « Il pourrait se marier avec elle » ou « Elle pourrait de marier avec lui ». Et on commençait à en discuter, et comme il y avait toutes ces connections, on finissait toujours par se marier avec une connaissance du cercle élargi de la famille. Lorsque ça n’était pas un membre de la famille élargie, c’était quelqu’un de très proche de la famille élargie. Il y avait donc cet avantage de la proximité dont les musulmans ont longtemps pu bénéficier.

Mais le monde a changé, et avec l’augmentation, le mouvement constant et mondial des capitaux économiques, les gens se déplacent pour travailler, les gens se déplacent pour étudier, et c’est le cas pour nombre d’entre vous. Vos familles ont immigré ici pour continuer des études ou pour travailler, ou pour créer une entreprise, etc… Et ce sont toutes des raisons légitimes, je ne suis pas venu vous dire « Vous êtes venus ici pour la dunya, astaghfirullah, retournez au pays ». Je ne suis pas ici pour vous dire ça. Ce sont des réalités, ce sont des réalités légitimes, qui existent.

Et lorsque nous sommes venus ici, la plupart d’entre nous, l’une des choses dont nous avons fait l’expérience, en tant que communautés musulmanes, c’est l’isolement. Nous nous sommes retrouvés de plus en plus isolés.

Ainsi votre voisin n’est pas nécessairement musulman. Et si par hasard il l’est, il ne vient probablement pas du même pays que vous, et certainement pas du même quartier […]. Ils ne sont pas de la même région que vous. Donc vous fréquentez quelques musulmans, mais même lorsque vous vous rendez à la mosquée, qui est probablement l’un des seuls lieux où les musulmans se retrouvent, où vous rencontrez des gens de nombreuses origines différentes, nous n’avons pas vraiment d’endroits où les familles ont la possibilité de faire connaissance. Surtout si la mosquée fonctionne comme la plupart des mosquées, à savoir, les hommes viennent prier, les femmes viennent une fois de temps en temps pour jumu3a, et tout le monde rentre à la maison. Donc la mosquée n’est pas un lieu où les familles peuvent se rencontrer…

Au final, nous sommes isolés. Surtout pour ceux dont les parents sont très âgés, qui ne travaillent plus ou sont à la retraite, ils deviennent socialement isolés et donc ne fréquentent plus personne.

Et parmi ces parents, beaucoup ont des filles, et ne savent pas quoi faire, car elles ne reçoivent pas de propositions. Pas parce que leurs filles sont horribles, mais parce qu’elles ne connaissent personne ! Elles n’ont jamais parlé à personne… Et dans ces cas-là les parents culpabilisent leurs filles et je n’aime pas ces cas-là. Des cas où les parents rabâchent à leurs filles « Personne ne vient demander ta main ». Et ce qui arrive ensuite est qu’au premier homme qui passe la porte, ce qu’on entend est : « Accepte ! Parce que c’est peut-être le premier et le dernier ! ». Et la fille : « Mais papa, il lui manque un œil, il est rentré en reculant dans la maison, je ne peux pas… »

« Mais non, sinon qui voudra de toi ? Tu devrais être reconnaissante au contraire ! » etc etc…

Donc parce que les parents ont peur de ne pas avoir d’options pour leurs filles, ils forcent la main à leur fille, ce qui n’est pas juste.

C’est particulièrement vrai pour l’Inde et le Pakistan, peut-être pas autant dans le monde arabe ou d’autres communautés mais ça reste une réalité. Nos enfants ont la pression pour se marier. Ce schéma ne fonctionne plus. Nous avons cette culture depuis longtemps (et j’ai eu la chance de parler de ça avec des personnes d’une autre communauté en urdu).

Le problème est que les plus âgés mettent une certaine distance concernant cette problématique avec leurs enfants. Donc il n’y a pas vraiment de discussion sur le mariage, ou sur le fait d’aimer une femme ou un homme, ou bien considérer une personne [en tant que potentiel(le) époux(se)]. Ce n’est pas le genre de sujet que l’on partage avec son père ou sa mère.

Surtout si vous venez du Pakistan, vous n’en parlez pas… (rires). Sauf si vous voulez mourir (rires).

Même à 25 ans, vous aurez toujours peur de parler mariage avec votre mère. Vous savez l’effet qu’a notre mère sur nous ! Ça marche aussi sur ces grands bonhommes. Ils sont terrifiés. Donc aujourd’hui je voudrais partager avec vous certaines réalités à travers des anecdotes, des études de cas. Et après cela, j’aimerais donner des conseils à la fois aux parents et aux jeunes qui sont en âge de se marier…

En fait, pouvez-vous faire du bruit si vous êtes en âge de vous marier ? (réponse du public). Ok, très bien, donc vous êtes là. Oncle, pourquoi tu as fait [du bruit]… (rires). Je plaisante…

Premier cas :

Un jeune homme m’appelle et me dit qu’il a un problème. Je lui demande : « le nom de la fille ». Et il me demande : « Comment savez-vous ??? ». J’ai dit : « Écoute, tu m’appelles, donc je sais… Comment s’appelle-t-elle ? ». Et donc il me dit son nom. Combien de temps ça dure ? – plusieurs années… Et donc quel est le problème ? – En fait, j’aimerais beaucoup me marier avec elle mais je ne suis pas prêt… Et je crois qu’elle reçoit des propositions en ce moment… Ok, donc pourquoi n’en parles-tu pas à tes parents pour qu’ils en parlent aux siens ? En fait, je lui ai demandé d’abord : pourquoi tu n’en parles pas à ses parents ? – Oh non, je ne peux pas… je ne peux pas parler à ses parents. Ok donc pourquoi tu n’en parles pas à tes parents ? – Impossible, ils vont me tuer !

Ok, je crois que j’ai ta solution. Descend à la pharmacie, prend-toi du lait en poudre et un biberon. Mélange l’équivalent de 2 cuillères avec de l’eau chaude, trouve-toi un coin tranquille dans ta maison, met-toi face au mur et bois ton biberon jusqu’à ce que tu deviennes un homme (rires). Et ensuite, tu pourras le dire à tes parents et aux siens !

Nous avons malheureusement créé une culture où ce genre de discussion est taboue depuis longtemps…

Vous ne pouvez pas parler de vos préférences en terme de mariage avec vos parents.

C’est irrespectueux, inapproprié, incorrect… Et vous savez quoi ? C’est absolument, absolument indispensable aujourd’hui.

Et si vos parents en sont choqués alors parlez-en avec eux tous les jours jusqu’à ce qu’ils ne soient plus choqués. Maman, je veux me marier, maman je veux me marier, maman je veux…

[la mère qui répond violemment en urdu : c’est quoi ces manières, t’as pas honte?]

Elle réagira de cette manière pendant les 50, 60 premières fois jusqu’à ce qu’elle réalise que tu as 27 ans. Et il y a aussi autre chose : « pas tant que tu n’auras pas terminé tes études » etc…

Beaucoup de nos filles sont poussées à faire de longues études parce que leurs parents leur ont dit : « On ne sait pas si le mariage va marcher mais il faut que tu aies une roue de secours » (rires).

Et donc toutes ces filles… ont fait leurs études de médecine ou de droit ou autre, ont terminé leurs 8, 9 ans d’études, et elles ne se sont pas mariées entre temps, et donc une fois leurs études terminées, elles se retrouvent sur des sites de rencontres parce que plus aucune proposition ne se présente parce qu’elles ont dépassé la culturelle « date de péremption ».

Et c’est dramatique, ça peut paraître drôle mais ces filles-là qui rencontrent ce problème pleurent et viennent vers moi en pleurant. Elles me disent que les hommes ne veulent pas les épouser parce qu’elles ont fait trop d’études. Et je leur réponds que je comprends, les hommes ne veulent pas se sentir intimidés par vous. Mais ce n’est pas juste ! Et je réponds : il fallait que vous pensiez bien avant à ce que vous vouliez. Si vous voulez épouser un docteur, beaucoup d’entre eux pensent « j’ai déjà passé tout mon temps dans mes études donc je veux me marier avec une femme « trophée » ». Et malheureusement, il y a cet état d’esprit, cette culture… Nous avons créé ces disparités, sans mentionner les autres problèmes de notre communauté. Il y a une situation de crise sur la question de comment marier nos filles et nos fils. Et c’est une vraie situation de crise ! Au-dessus de ces crises, se trouvent la partialité de nos parents. Et je vais vous donner un autre cas, mais juste avant, un conseil pour les parents :

Beaucoup d’entre vous avez différentes origines et un très fort rapport à l’identité qu’Allah a mis en vous et qu’Allah vous récompense !

« Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez » (sourate 49 verset 13).

Que vous vous entre-connaissiez entre tribus, familles, villages d’où vous venez en Syrie ou en Palestine… L’endroit d’où vous venez en Egypte, au Bangladesh. Tout cela est honorable, et a de la valeur pour vous. Votre dignité, vos droits et vous héritages sont intimement liés à cela et je le respecte ! Mais le fait est que vous et moi savons pertinemment que :

  • premièrement, vous et moi, nous savons que vous ne repartirez pas là-bas

  • deuxièmement, vos enfants ne sont pas égyptiens, ou palestiniens, ou bengalis. Ils sont aux ¾ canadiens ou américains… Et oui, un petit peu bengalis sur les bords, mais ce sont des américains, ce sont des canadiens… Alors oui, ils aiment les baqlawa et le riz biryani, mais pour le reste, ils sont surtout plus « pizzas et hot dogs », mes amis c’est ce qu’ils sont. Ils ne sont pas comme vous… Et ce qui participe à ça n’est pas seulement la nourriture ou bien les dessins animés qu’ils regardent ou l’anglais qu’ils parlent… mais très probablement parce qu’ils vont à l’école publique ou à l’université.

Je ne suis pas ici pour justifier ce qui se passe mais pour partager une réalité avec nos parents… Nos chers parents qui se tiennent aujourd’hui dans le public et je comprends votre souffrance, parce que je suis aussi papa, mes filles vont bientôt entrer dans l’adolescence, et je suis complètement terrifié à cette idée ! Je ressens votre douleur, je vais vivre bientôt ce que vous vivez ! Qu’Allah protège tous les parents !

Mais laissez-moi vous dire quelque chose : ces filles et ces garçons sont allés à l’université. Il y a des chances qu’ils aient vu une fille ou un garçon qu’ils aimaient bien. Cela s’est sûrement passé. Il y a des chances pour qu’ils aient déjà discuté même au sein de la plus respectueuse des assemblées. Peut-être que ça s’est passé à la MSA (association des étudiants musulmans). Peut-être que ça s’est passé attention… à la convention de la RIS (rires). Oui ! Ça s’est peut-être passé. En fait, ça s’est passé.

Et je ne vous parle pas de discussions matrimoniales etc… Je vous parle de discussions du genre : « oh, il est joli ton hijab… », « cette calligraphie n’est-elle pas sublime ? ». Vous savez certaines personnes commencent leur discussion comme ça. J’aime bien tourner dans les bazars pour voir les différentes techniques d’approche modernes des jeunes musulmans. Ils ne sont pas très doués de nos jours, mais peu importe c’est toujours amusant à voir.

Enfin bref, dans tous les cas, ça s’est déjà passé. Ils ont leurs préférences, ils ont des choses dans leurs cœurs. Et ils veulent vous en parler, mais vous savez quoi ? La fille est palestinienne et elle pense que le frère est bien mais qu’il est égyptien « astaghfirullah » (qu’Allah me pardonne) ! Ou bien c’est un pakistanais et il veut épouser cette fille, mais elle est syrienne ‘la hawla wa la quwata illa billah » (il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah). Et il a peur d’en parler à ses parents, et même de mentionner son nom parce que la seule chose que le père dira sera : [imitation pères arabes et pakistanais] « Impossible tant que je serai vivant ! » etc etc etc…

Vous savez, on n’a pas vraiment le choix, s’il y a des filles et des garçons bien, et que nous accordons assez de confiance à nos enfants pour faire face à la vie réelle et que nous leur avons accordé assez de confiance pour qu’ils aillent à l’université, pour qu’ils aient un travail, pour se débrouiller dans la société, alors il est injuste de la part des parents, que vous ne leur fassiez pas confiance ou que vous ne considériez même pas leurs jugements lorsqu’ils suggèrent que « celui-là pourrait être une bonne personne pour moi » ou que « celle-là puisse être la bonne personne pour moi ».

Vous n’imaginez même pas considérer l’idée, puisque le groupe ethnique, l’origine, n’est pas la même ! Et ceci est injuste.

J’en suis désolé, je sais que certains parents vont venir vers moi… Mais ce n’est pas fini, je veux aller plus loin.

Et après ce sera autour des enfants, ma tante ne t’inquiète pas…

Parce qu’après la tante va venir me voir et dire : « Tu sais, tu as fais ce discours et maintenant mon fils va venir me voir… Et il va dire quelque chose… Et je ne sais pas pourquoi tu as fais ce discours… etc… »

Donc, ma tante, relaxe, ce sera au tour de ton fils dans quelques secondes. Mais laisse moi juste terminer avec les plus âgés avant toute chose.

C’est injuste de votre part, d’amener vos enfants dans un pays, où tout l’environnement qui les entoure est dévergondage. Ce qui les entoure n’est qu’opportunité de tomber dans le vice charnel. Pas seulement du plus bas degré de péchés mais des plus grands adultères. Des péchés qui sont largement accessibles, super faciles d’accès. A tout moment, 24h/24h et 7j/7 ! C’est juste sous leur nez ! Et donc ils combattent tout cela… Et quand ils veulent se marier avec un(e) musulman(e), il est complètement scandaleux de votre part de dire : « non mais il n’est pas exactement ce qu’on voulait ». Il n’est pas parfait… parce que vous l’êtes ? En arabe on dit « le singe est toujours une gazelle aux yeux de sa mère ». En urdu on dit « la mère voit toujours l’âne à la place de la fille ». En anglais, je ne sais pas, on ne dit pas ça (rires). Mais l’idée est que l’image que vous vous faites de vos enfants est si parfaite, et vous mettez la barre tellement haute… que personne ne pourra l’atteindre. Et vous continuez à refuser toutes les demandes en mariage, parce qu’elles ne conviennent jamais exactement. Mais je suis désolé, le monde n’est pas celui dans lequel, vous, les parents, vous viviez… Le monde a changé, tout a changé. Et la seule chose qui ne change pas en Islam, ce sont nos principes. Nos principes sont immuables. Mais notre réalité sociale a changé, nos circonstances ont changé, nos conditions économiques ont changé. Et nous devons nous adapter. Nous devons vivre avec la réalité qui nous entoure. Si vous trouvez des personnes qui ont fait l’attestation de foi, qui s’accrochent à leur [bon] comportement, qui préservent leur chasteté, qui feraient des bons pères ou des bonnes mères, alors il ne devrait pas y avoir de raison pour vous dire « non ». J’ai évoqué cela il y a quelques mois quand je suis venu au Canada, lors d’une conférence, le seul mariage évoqué dans le Coran est celui de Moïse (‘alayhi salam) avec celui d’une des filles d’un concitoyen de Madian, et il s’agit d’un mariage interculturel ! Il est des Banu Israil (enfants d’Israël) et elle est arabe ! Et la seule mention de mariage est une proposition de la femme à l’homme… Ce qui n’est pas conventionnel pour nous n’est-ce pas ? Eh bien ceci est dans le Coran…

Et qu’est ce qui est plus conventionnel que le livre d’Allah ?

Nous avons en fait créé des standards qui nous rendent la vie impossible. Et nous devons mettre de côté une partie de ces standards…

Nous devons faciliter cette tension que nos enfants portent. Nous leur faisons confiance pour beaucoup de choses. Si vous les avez mis dans cette situation, et qu’ils se tiennent à l’écart de ce qu’Allah leur interdit, alors ceci est déjà une réussite en soi !

Au moins laissez-les s’exprimer et donner leur avis. Je sais que vous avez une idée fixe de qui ils doivent épouser. Ce qui se passe c’est qu’ils proposent quelqu’un, et les parents disent non, il/elle est d’un autre pays. Que dis-je ! Le problème commence même avant, vous pouvez être du même pays mais de régions, de villes différentes, cela suffit pour que les ennuis commencent. Parfois il suffit juste que les codes postaux soient différents pour que ça pose un problème ! Donc vous trouvez une personne qui est exactement la personne répondant à vos propres critères, mais vous ne cherchez pas à savoir qui ils sont vraiment, et vous terminez sur des critères tels que : bien qualifié, fait partie de la même famille, vous le faites venir du « bled » et deux semaines plus tard vous vous rendez compte qu’il boit de l’alcool… qu’il la bat… et je suis témoin de ce genre de situation ! Parce que finalement vous ne connaissez pas les personnes. Je ne dis pas qu’elles sont toutes mauvaises, mais je connais assez d’histoires pour savoir ce qui se passe en vrai ! Et cela ronge le tissu de notre communauté. Que sommes-nous censés faire ? Si les parents n’arrêtent pas de mettre une pression psychologique sur leurs enfants, alors nous allons perdre cette génération, par Allah ! Cela va devenir une génération en crise… Et on ne veut pas voir nos enfants engagés dans un mariage où ils sont émotionnellement en train de penser à quelqu’un d’autre…

Ils auront une vie de couple misérable !

C’est un problème sérieux !

C’est vraiment quelque chose que je veux partager avec les parents.

Une dernière chose à propos des parents, j’ai dépassé mon temps mais laissez-moi encore seulement 3 minutes.

Cela concerne spécialement les indo-pakistanais, laissez-moi vous dire quelque chose. Dans notre culture, il y a quelque chose de spécial que les arabes ou autres cultures n’ont pas… Nous avons cette idée que nos enfants lorsqu’ils grandiront (pour les garçons), ils prendront soin de nous, nous seront totalement dépendants d’eux. Dans les autres cultures, lorsque vous êtes à la retraite, c’est une preuve d’indépendance, les enfants font leur propre vie et vous la vôtre, bien sûr vous maintenez entre vous une interaction des relations saines, une communication constante etc…

Mais vous n’êtes pas forcément dépendants, sauf en cas exceptionnel de problème de santé, d’accident etc. Mais dans la culture indo-pakistanaise, c’est votre plan retraite, votre fils est votre plan retraite. Donc ce que vous faites, c’est que vous ne voulez pas compromettre ce plan ! Alors quand vous cherchez une femme à votre fils, vous allez chercher une femme qui ne fera pas d’histoires chez vous, parce qu’il s’agit encore de votre maison et pas celle de votre fils. Donc quand votre fils se marie, vous considérez votre belle-fille plus comme une servante que comme votre fille… (non non non, n’applaudissez pas tout de suite…). Et quand vous faites sa rencontre, vous vérifiez :

  1. qu’elle n’ait pas trop fait d’études

  2. qu’elle n’est pas du genre à avoir « une grande gueule »

  3. qu’elle ne soit pas trop intelligente

Parce que tout cela pourrait mettre en danger votre plan assurance retraite…

Et vous insistez sur le fait d’avoir un système où les deux familles vivent ensemble…

Et ok, c’est bien, MAIS une fois que ce système est mis en place, vous vous assurez de bien faire savoir à cette pauvre fille qui est le maître des lieux…

[Imitation:] « Ceci est la maison de mon fils, tu as compris, ok ? » «  Maintenant fais-moi du pain ».

Et la fille répondra : « J’ai un examen dans 2h, je ne peux pas faire du pain là maintenant… Est-ce que je peux réviser…? »

Et quand le fils rentre à la maison, la maman va lui dire : « Aujourd’hui ta femme m’a insultée, elle m’a donné une claque et ensuite m’a dit de faire mon pain moi-même… »

Et ces scènes dramatiques se déroulent à la maison à chaque fois parce que la belle-mère veut garder son fils auprès d’elle et ne pas le laisser vivre sa propre vie. D’un autre côté, il créé un sentiment de haine de la part de la belle-fille envers la belle-mère… Et vous savez tous ce qui se passe après…

Ce qui va se passer après est que… le mari va passer beaucoup de temps à la mosquée (rires).

« J’en ai marre, je suis à deux doigts de faire bénévolat [à la mosquée]… » (rires)

Donc cette oppression au sein du foyer familial doit s’arrêter. Nous devons comprendre que c’est problématique.

Maintenant d’un autre côté… on va parler des jeunes pour qu’ils arrêtent d’applaudir…

Maintenant c’est aux plus âgés d’applaudir (rires).

Laissez-moi vous dire les jeunes, surtout ceux qui cherchent à se marier, les différentes approches que vous mettez en œuvre pour trouver un(e) époux(se), je ne vais pas être plus explicite, car vous savez de quoi je parle et je le sais aussi… Les options que vous avez considérées, les conversations que vous avez eues, les interactions sociales que vous avez eues, cela est entre vous et Allah, je ne suis personne pour vous juger !

Mais je sais que certains d’entre vous culpabilisent, la première chose, je vous en supplie, la chose la plus importante, la chose qui a le plus de valeur dans votre vie est un cœur sain. Parce que c’est la seule clé pour le Paradis. C’est le seul moyen de salut le jour de la résurrection, et quand vous engagez votre cœur dans une relation qui n’est pas légitime alors il devient sale, et lorsqu’un cœur devient sale, il n’est plus approprié pour Allah Azza Wa Jal… Donc ne croyez pas que votre relation ou bien vos interactions inappropriées n’auront pas d’impact sur votre spiritualité… Il y en aura certainement et automatiquement. Et elles vont détruire en vous la chose la plus précieuse : votre foi… Vous allez la ruiner. Vous devez la protéger. Quand vous cherchez un époux, il est normal de chercher une personne qui vous attire, que vous trouvez beau, dont vous aimez les traits de personnalité etc… Mais n’oubliez pas les principes… Si vous observez certains principes, je pense que vous pouvez faire la part des choses.

Je ne parle même pas des sites matrimoniaux en ligne…

Vous savez pourquoi ? Parce que si vous appliquez ces principes, que vous cherchiez votre époux en ligne, à côté ou sur le campus, ou à une conférence etc… peu importe… Ce qui importe, c’est d’appliquer certains principes. Essayez cela et vous verrez la baraka (bénédiction divine) rentrer dans vos relations.

Tout d’abord pour les hommes, sachez que la fille que vous aimez est la sœur de quelqu’un, la fille de quelqu’un, c’est le respect et l’honneur de la famille de quelqu’un dont il s’agit. Donc quand tu la fixes comme ça, essaye d’imaginer quelqu’un qui regarderait ta sœur de cette manière. Pensez à cela, rappelez-vous qu’on parle de l’honneur de quelqu’un. C’est peut-être ok pour toi de jeter un regard sur cette fille et de penser « Wow, je veux me marier avec elle ». Mais un coup d’oeil suffit ! Ensuite il faut passer par des moyens plus dignes…

Et la deuxième chose est déjà, ne regardez pas les filles comme des pervers (rires).

Ne faites pas ça ! Ce n’est pas l’esprit de l’Islam qu’on essaye de raviver en faisant ça (rires).

Et ensuite, si vous trouvez quelqu’un d’intéressant, ayez une approche respectueuse…

Il y a des sessions de rencontres matrimoniales organisées avec un chaperon. C’est bon, au moins il y a un arbitre, un protecteur. Mais si ce n’est pas le cas, la meilleure des approches est une approche indirecte. La meilleure approche est de passer par un ami, l’ami qui a une sœur qui connaît une telle etc… Essayez d’être aussi indirects que possible, parce que quand vous êtes en direct, Shaytan adore cela. Il met des choses dans la tête de l’un et de l’autre, et les gloussements commencent, et ils commencent à sourire, et on s’envoit des messages. Puis on s’ajoute sur facebook… Et ensuite vous vous appelez tard dans la nuit. Et ensuite les sessions skype commencent. Et on perd très vite le contrôle… Ça s’est fait graduellement, par étapes. Et finalement on perd le contrôle. Donc essayez de conserver l’approche indirecte le plus possible.

Puis certaines personnes demandent : « Jusqu’à quand je dois apprendre à connaître la personne ? »

Vous pouvez ! C’est autorisé, vous avez le droit de connaître la personne, mais impliquez d’autres personnes !

Et c’est un autre point auquel je veux m’attaquer aujourd’hui : il n’y a pas de mal à ce que les deux familles se contactent. Ce n’est pas du tout trop formel ! N’ayez pas peur de l’engagement !

Ce n’est qu’une manière de discuter entre deux personnes de manière respectueuse. Ne le transformez pas en quelque chose que ce n’est pas ! Ne dites pas « non, je ne veux pas en parler à ma famille, ce n’est pas encore sérieux », parce qu’en fait, c’est ça le problème !

Vous devriez en parler à votre famille même quand ce n’est pas sérieux. Et votre famille ne devrait pas s’exciter. « On ne devrait pas approcher sa famille, ils risquent de le prendre trop au sérieux ». Ce n’est pas quelque chose de sérieux, ce sont juste deux familles qui se parlent ! C’est comme cela que la communication doit se passer !

Si vous ne vous impliquez pas, que vous le vouliez ou non, viendra un moment où ils devront parler, vous ne pourrez pas les arrêter !

Une conférence ne changera pas cela. Cela s’est déjà passé et ça va continuer ! Et ça n’a pas commencé en 2013, mais depuis longtemps. Cela existait déjà, c’est présent tout autour de nous. Si vous vous demandez si ça se passait déjà quand j’allais à l’université en 1845 (rires), c’est ainsi que ça se passait. Ce sont des réalités que nous devons prendre en compte au lieu de les maudire et de s’en plaindre. Parce que ça ne changera pas la réalité. Nous devons y faire face. Donc impliquez vos familles ! Et n’amenez pas cela comme s’il s’agissait d’une grande affaire… C’est normal de parler avec une fille ou un garçon avec un chaperon, d’apprendre à se connaître, et si ça marche, tant mieux, et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave al hamdoulillah, on passe à autre chose ! Mais au moins vous ne vous êtes pas émotionnellement attachés… Vous avez quelques papillons dans le ventre mais ça ne s’est pas transformé en gros oiseaux dans votre ventre (rires). Donc vous n’avez pas perdu toute votre tête, vous ne vous êtes pas investi émotionnellement ! Parce que voilà le problème quand vous vous êtes investi émotionnellement, quand vous êtes émotionnellement investi, vous tombez amoureux d’une fille ou d’un garçon et vous êtes presque prêt à épouser la personne. Mais premièrement, vous n’avez aucune garantie de savoir si ça va fonctionner ou pas. Deuxièmement, quand vous avez la tête retournée comme ça, vous vous fichez de tout le reste. Quand vous avez la tête retournée, vous n’écoutez pas vos parents ni les siens ni vos frères ni vos sœurs…. Vous n’écoutez pas les conseils de qui que ce soit !

On essaye de le ramener à un Cheikh pour qu’il lui parle : « Cheikh aidez-le, il veut se marier avec cette fille… ». Et le gars demande ce qu’il peut faire. Et le Cheikh lui dit « ne l’épouse pas » (rires) « Ok ». Esr-ce que ça marche ? Ça ne fonctionne pas car il est trop tard. Deux choses peuvent résulter de cette relation : si ça fonctionne, vous avez blessé votre famille, parce que vous avez fait tout cela malgré votre famille, et si ça n’a pas fonctionné, vous êtes marqués à vie, et vous ne serez pas capable d’avoir une relation saine, parce que dans un coin de votre tête il y a aura toujours cette première relation…

C’est une manière malsaine de gérer ses affaires, vous savez… Donc ne le faites pas. Et ne vous investissez pas émotionnellement, ne « tombez pas amoureux » juste comme ça. Si vous croyez que vous êtes tombés amoureux de la fille, sur laquelle vous êtes tombés dans le hall lors de la conférence, et vous étiez juste « wooooooooowww ». Ce n’est pas ce qu’on appelle tomber amoureux ! Cela s’appelle avoir des hormones, félicitations, vous êtes un adolescent (rires).

Quoi qu’il en soit donc, mon vrai conseil pour les jeunes est de devenir un peu plus mature, plus sérieux, à la fois du côté des parents que du côté des jeunes. Donc pour les jeunes, soyez plus stricts ! Et pour les parents soyez moins stricts… afin de créer un équilibre pour les jeunes.

Vous pensiez ne pas avoir de mode d’emploi, de comportement à suivre, pas de restrictions, tout va pour le mieux, tout est permis, comme dans Assassin’s creed (jeu vidéo).

Et de l’autre côté, vous avez des parents qui sont beaucoup trop stricts, qui ne sont pas réalistes dans leurs attentes. Et les deux réalités se prennent de plein fouet dans notre communauté… Cela ne devrait pas…

Maintenant, levez la main ceux qui sont mariés. InnaliLahi wa inna iLayhi Raj3oun (rires), (à Allah nous appartenons, et à Lui nous retournerons). Ceux qui sont mariés ici, votre job est d’aider ceux qui ne le sont pas, surtout parmi les jeunes mariés. Car parmi vous, vous avez des amis, qui ne sont pas mariés et que vous connaissez depuis longtemps. Vous vous devez d’être des entremetteurs avant qu’ils ne se résolvent à s’inscrire sur les sites de rencontres, sur lesquels on trouve le même gars partout….

Vous savez, celui qui a son profil sur tous les sites qui existent ? (rires) Tout le monde le connaît (rires). Un de mes amis qui est marié maintenant, devait avoir des profils sur 30 sites matrimoniaux musulmans différents, et donc il m’a invité à faire un discours à son mariage… Je suis venu et j’ai dit : « Internet ne sera plus jamais le même » (rires). La connexion Internet s’est accélérée parce que tant de fichiers ont été enlevés depuis la suppression de tous ces profils… (rires). Les serveurs qui galéraient depuis des années ont repris leur cours normal maintenant. Félicitations ! Tu es marié !

Et en général, je donne des discours assez drôles durant les mariages. Donc je dis au frère, toutes les sœurs de la cérémonie qui ne sont pas mariées savent tout de toi, ta taille, où tu travailles, ta couleur préférée… parce qu’elles sont allées sur ces sites donc… (rires) Macha Allah !

Vous savez, je ne suis pas contre ces sites en ligne, vraiment pas. C’est une réalité, si vous n’avez aucun lien, relation, comment faites-vous ? Mais faites très attention avec cela, ne vous basez pas sur des critères superficiels ! Cherchez quelque chose de plus substantiel, vous cherchez quelqu’un avec qui vous allez vivre pour le reste de votre vie. Et pour celles d’entre vous, les filles, qui sont forcées par leurs parents à se marier avec leur cousin du Bangladesh, celles d’entre vous à qui on force la main, à qui on dit qu’elles vont épouser telle personne. Et on ne lui présente que des personnes qui au fur et à mesure sont de moins en moins attirantes pour x raisons, et la pression monte en vous, parce que vous arrivez bientôt à la conception culturelle de « date de péremption ». Alors laissez-moi vous dire quelque chose de manière très sérieuse : si vous n’ouvrez pas votre bouche, et n’affirmez pas clairement que ce n’est pas la manière dont vous voulez vivre… Pour les 50 prochaines années de ma vie, ce n’est pas ce que je veux ! Si vous ne prenez pas la parole et restez dans votre coin en vous disant que le mieux est de ne rien dire, en vous disant que de toutes les manières vos parents ne comprendront pas… Alors, non, vos parents ne comprendront pas tant que vous ne leur dites pas clairement (et je ne parle pas de pleurer ou crier), mais de parler clairement et de dire à vos parents que ce n’est pas la manière dont vous voyez les choses. Ceci n’est pas irrespectueux. Et s’il vous plaît les parents, écoutez cela – Écoutez cela. Ne forcez pas vos filles à s’engager dans un mariage dans lequel elles ne seront pas heureuses ! Ne dites pas en leur nom « non non, elle est heureuse ! » « On la connaît ! ». Non, vous ne la connaissez pas ! Elle n’est pas heureuse ! Vous dites cela simplement parce que je le demande « Si elle va bien », parce qu’ils ne savent pas qu’elles viennent en pleurant voir l’imam : « Mon père veut que je me marie, je crois que je devrais… » « As-tu vu l’homme ? » « Non, mais ce sont mes parents, qu’est-ce que je peux faire… en islam, je dois obéir à mes parents quoi qu’il en soit ».

Oui, en islam, on doit obéir à ses parents quoi qu’il en soit, mais en islam aussi, les parents n’ont pas le droit d’être injustes. Ils n’ont pas une autorisation, un passe-droit pour faire ce qu’ils veulent…

En islam, les parents et les enfants doivent avoir une relation de confiance. Ne détournez pas la religion.

Vous savez parfois le seul verset que les parents connaissent est : « wa bil walidayni ihsana » « et marquez de la bonté envers les parents » (sourate 17 verset 23). Ils ne connaissent même pas tout le verset (rires). Seulement : « wa bil walidayni ihsana ». Vous savez, notre religion souligne l’importance des parents, plus que dans n’importe qu’elle autre religion, mais notre religion souligne aussi la justice et la notion de responsabilité. Les parents n’ont pas autant de droits sans avoir la même quantité de responsabilités. Et vous avez des responsabilités concernant vos filles et vos fils. Vraiment.

Vos devoirs après ce discours, vous savez ce que ce sera ? Une discussion ouverte et honnête, je dis bien honnête, avec vos parents, à propos de quand vous pensez vous marier, pourquoi vous pensez vous marier, avec quel genre de personne vous pensez que vous devriez vous marier. Et les parents : ne paniquez pas (rires).

Maintenant, j’aimerais m’adresser aux jeunes hommes pour la dernière partie de mon discours. J’ai déjà parlé aux filles un peu, soyez moins timides et plus fortes ! Mais pour les jeunes hommes : pourriez-vous devenir des hommes ? (applaudissements). Pour l’amour de Dieu ! Ecoutez, si vous avez dans la vingtaine et qu’à chaque moment de repos, de pause après les cours, ou pendant les week-ends, si pendant ces moments vous passez votre temps sur les écrans à jouer à la PlayStation 3 ou 4 ou peu importe, alors vous n’êtes pas encore des hommes. Déjà, trouvez un job, un travail même au lycée, à la fac, peu importe mais trouvez un travail, cela vous transformera en homme, cela vous préparera au mariage ! Juste parce que vous trouvez une fille jolie ne signifie pas que vous êtes prêts à vous marier. Vous devez faire preuve de responsabilité, être capable d’assumer vos propres responsabilités. Et aux parents d’adolescents, si vous ne poussez pas vos enfants à travailler, que vous vous dites al hamdoulillah (Louange à Allah), je peux me le permettre, je suis Docteur, je suis ingénieur, je suis dans les affaires, je peux subvenir aux besoins de mes enfants… Oui ils le font parce que ça fait partie de leur éducation.

Peu importe que vous changiez des pneus dans un garage, ou que vous soyez un tondeur de pelouse… Mais travaillez, cela vous apprendra le respect de l’argent gagné. Cela vous inculque le respect et le sens des responsabilités, et ça vous prépare pour la vie ! A 20 ans, j’ai fait toute une histoire à mes parents pour pouvoir me marier. Et je suis pakistanais, vous savez que c’est du suicide… Mais vous savez quoi, je travaillais 40 heures par semaine, depuis que j’ai 16 ans à New York. Je n’ai jamais travaillé moins de 40 heures par semaine, 40h est une semaine facile pour moi, et j’allais au lycée et à la fac en même temps. Et j’ai pris plus de temps pour avoir mon diplôme parce que je travaillais à côté. Je n’ai jamais demandé à mes parents de l’argent pour mes frais de scolarité. J’ai toujours refusé. Si je n’avais pas pu me le permettre personnellement, je ne serais pas allé à l’université. Je voulais le faire par moi-même, j’ai travaillé dans un magasin de chaussures, dans le milieu médical, au sein d’un journal local du Queens, j’ai fait à peu près tous les types de boulot qui existent ! J’ai même travaillé dans une épicerie indo-pakistanaise… Oh mon Dieu… ! Même si je n’y ai travaillé que pour 1 jour, je l’ai fait et j’en suis fier, je n’en ai pas honte. J’ai travaillé dans une agence de voyage où mon patron était vraiment un méchant bengali. J’aime les bengalais, mais celui-là était vraiment méchant. Je l’appelais « le voyage nazi », il était vraiment mauvais! Et quand je ne faisais pas assez de ventes, il me criait dessus… Donc un jour j’ai répondu aussi en criant et je me suis fait renvoyer. Et 10 ans plus tard, je donnais une khutba (prêche) à Long Island, et il était au premier rang, et j’ai une barbe maintenant, mais pas à ce moment-là et il m’a reconnu aussi, et il me regardait comme ça…. Après la jumu3a, il vient, me serre la main et me glisse : « Tu es toujours aussi inutile… » (rires). Mais vous savez pourquoi je vous dis tout ça, parce qu’il n’y a pas de honte à travailler, ça fait partie de ce que vous êtes, ça vous construit.

Je me suis marié à l’âge de 22 ans, mais je peux affirmer que j’étais en droit de, parce que j’étais déjà indépendant à ce moment-là. Je répondais déjà à mes responsabilités… Je me suis marié 6 mois après avoir été renvoyé. Je n’avais pas de travail quand je me suis marié. Je ne me suis pas marié parce que j’avais l’argent, mais parce que ma belle-famille pensait que je convenais, j’avais fait mes preuves auprès d’eux. C’est tout ce qui leur importait.

Donc cherchez cela chez un (beau) fils, chez un garçon.

Qu’Allah fasse de nos jeunes hommes, de vrais hommes, qui pourront assumer toutes les responsabilités du foyer. Et qu’ils deviennent vraiment de bons maris pour les sœurs qui sont ici, qui veulent se marier. Qu’Allah les aide à trouver des époux qui leur conviennent. Qu’Allah leur accorde une vie maritale heureuse.

Qu’Allah aussi fasse que les personnes divorcées trouvent un nouvel époux ! Et qu’ils se re-marient rapidement incha Allah !

En conclusion, j’ai eu une demande. Un jeune homme s’appelant Ahmed Assardadli, son numéro est 215 667 9395, c’est un jeune homme qui est sous dialyse depuis quelques années maintenant et en recherche d’un donneur de rein, si quelqu’un est dans la possibilité de l’aider son numéro est 215 667 9395. Si quelqu’un veut donner son rein ou connaît quelqu’un qui pourrait donner son rein, contactez-le s’il vous plaît incha Allah.

Qu’Allah vous bénisse, merci beaucoup pour votre attention.

As Salam alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh.

 *(Retranscription par Noria Kha de la traduction en français de la vidéo à partir de : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=cgt3iTcsjos – Source : Chaîne Youtube L’Islam C’est Vivre).