Sep 24

8 conseils essentiels pour se préparer aux relations intimes dans le cadre du mariage islamique

(Article mis à jour par Noria Prepamuslim en mai 2023)

« Elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles. »

Coran sourate 2, verset 187.

Envisager de se marier avec une personne, c’est envisager de partager le lien le plus intime qui soit avec elle. Cela va bien au-delà de la simple dimension physique, englobant l’aspect psychologique, la complexité de nos personnalités, et nos expériences de vie passées. Chacun de nous arrive dans une relation avec ses propres complexités, ses éventuels traumatismes, une estime de soi qui peut être altérée, et une image de la sexualité qui peut être dégradée…

C’est un sujet délicat à aborder avant le mariage, mais il est essentiel d’anticiper certaines problématiques pour éviter de graves difficultés dès le début de la vie conjugale.

Dans cet article, je vous propose 8 conseils pour vous préparer au mieux à ces problématiques, dans le cadre de votre mariage islamique.

Sommaire

Conseil n° 1  – Faire un bilan médical prénuptial complet (et le demander au futur conjoint)

Chacun des deux futurs conjoints devrait impérativement faire un examen médical prénuptial avant le mariage.

Contexte historique de l’examen médical prénuptial

Une réglementation datant de 1942, imposait la réalisation de ce bilan médical par les deux futurs conjoints pour la célébration du mariage civil en France. En 2007, l’examen prénuptial a été supprimé, parmi les raisons évoqués : 40% des naissances ont lieu hors mariage, alors que cet examen avait pour but de préparer une future grossesse.

Importance de l’examen médical prénuptial dans la communauté musulmane

Il est probable que la communauté musulmane ne soit pas concernée par un pourcentage aussi important de grossesses hors mariage. De plus, il est erroné d’affirmer que cet examen servait surtout à préparer une future grossesse. Il servait aussi à préparer deux personnes, qui allaient se marier, aux relations intimes. Or, cela fait bien longtemps en France, hors communautés religieuses, que les couples n’attendent pas de se marier pour passer « à l’acte ». Donc effectivement il était inutile, voire ridicule, pour un couple ayant des rapports sexuels hors mariage depuis des années, et déjà des enfants, de devoir faire cet examen médical prénuptial au moment de passer devant le maire.

Mais ce n’est pas du tout le cas dans la communauté musulmane. Cet examen est utile et nécessaire pour deux personnes qui vont se marier dans le respect des règles islamiques, qui n’ont encore jamais partagé une intimité et qui envisagent de fonder ensemble un foyer.

Vous devriez l’exiger de votre futur conjoint, avant de partager toute intimité entre vous.

Pour ce faire, il vous suffit de consulter votre médecin généraliste et de lui dire que vous souhaitez faire un examen médical prénuptial complet, en prévision de votre mariage.

Que comprend l’examen médical prénuptial ?

Cet examen prénuptial devrait comporter au minimum un bilan sanguin infectieux, notamment concernant le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C, la syphillis. La sérologie de la toxoplasmose et de la rubéole chez la femme, ont aussi leur utilité en prévision d’une future grossesse, ainsi que l’établissement de la carte de groupe sanguin de chacun des époux (je reviendrais sur l’importance de la détermination des groupes sanguins plus tard dans cet article).

Pour les femmes, il est important de faire un frottis avant le mariage, en particulier pour détecter des anomalies pré-cancéreuses, qui peuvent être causées par une infection à l’HPV (papilloma virus), et donner à long terme un cancer du col de l’utérus.

C’est aussi l’occasion de faire un bilan clinique chez le médecin qui prendra la tension artérielle, calculera l’IMC (rapport poids/taille pour déterminer un éventuel déséquilibre pondéral), et les facteurs de risque liés au mode de vie de chacun des époux. Egalement, le médecin interrogera les futurs époux sur leurs antécédents familiaux, en particulier héréditaires, en prévision d’une future grossesse.

Pourquoi il est très important de faire cet examen avant le mariage ?

Pour deux raisons :

1/ Si vous avez une affection particulière, et que vous contaminez votre conjoint : vous serez entièrement responsable du tort causé, que ce soit par négligence ou en connaissance de cause. De nos jours, les moyens médicaux modernes nous permettent, de façon très accessible et presque gratuitement, de savoir si nous sommes atteints ou non d’une maladie sexuellement transmissible. Il n’y a donc aucune excuse valable à ne pas réaliser cet examen.

2/ En cas de contraction d’une infection sexuellement transmissible (IST) après le mariage, il sera clair que l’infection a eu lieu post-mariage, potentiellement à travers le conjoint. Ce dernier ne pourra pas accuser l’autre de lui avoir transmis une maladie contractée préalablement au mariage.

Les conséquences de ne pas faire l’examen

En tant que professionnelle de santé, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec deux femmes atteintes de VIH, catholiques très pratiquantes, qui avaient été contaminées après leur mariage, alors qu’elles affirmaient n’avoir jamais eu de relations extra-conjugales. Elles avaient découvert que leurs maris respectifs les trompaient en apprenant leur maladie. Pire, les maris ne voulaient pas se faire tester eux-mêmes, vivant dans le déni. Non seulement les maris commettaient l’adultère, avaient transmis à leur conjoint le VIH, mais en plus faisaient courir des risques à leurs enfants en refusant de se faire diagnostiquer et soigner, pour faire baisser la charge virale. Une transmission aux membres de la famille à partir d’un rasoir par exemple est toujours possible :

« Toute coupure impliquant un objet non stérilisé, comme un rasoir ou un couteau, peut transmettre le VIH. Il n’est pas conseillé de partager un rasoir sauf s’il est correctement stérilisé après chaque utilisation. »

Source : ONU SIDA

Ce n’est pas parce qu’il s’agit de votre premier mariage, et que vous n’avez jamais eu de relations sexuelles, que vous ne pouvez pas être infecté par une maladie sexuellement transmissible. Vous pouvez par exemple avoir été infecté au cours d’une intervention médicale, ou une transfusion sanguine, ou un accident d’exposition au sang (AES).

Vous pouvez être infecté sans n’avoir jamais développé aucun symptôme.

Ce n’est pas parce que vous connaissez très bien une personne, que vous lui faites totalement confiance, que vous pouvez vous passer de cette exigence. La personne peut être malade sans même le savoir. Et il en va de même pour vous. Même si c’est votre premier mariage, même si vous n’avez jamais subi une intervention médicale, faire cet examen avant de consommer votre union est une nécessité.

Il est donc fortement conseillé de ne pas se marier sans avoir effectué cet examen au préalable.

Par ailleurs, comme dit précédemment, c’est aussi l’occasion de faire votre carte de groupe sanguin, ce qui vous servira notamment lors d’une grossesse et pour anticiper une incompatibilité rhésus foeto-maternelle (principalement lorsque la femme est rhésus négatif et l’homme rhésus positif).

En conclusion, l’examen médical prénuptial est un aspect crucial de la préparation au mariage dans la communauté musulmane. Il permet de s’assurer que les deux conjoints sont en bonne santé et ne présentent pas de risques de transmission de maladies. De plus, il permet de préparer le couple à une future grossesse. Il est donc essentiel de prendre cet examen au sérieux et de s’assurer qu’il est effectué avant le mariage.


Conseil n° 2 –  Ne pas révéler les péchés du passé (fornication ou adultère)

Si vous avez commis des péchés dans le passé, comme la fornication ou l’adultère, vous pourriez penser qu’il est nécessaire de les révéler à votre futur conjoint au nom de l’honnêteté et de la transparence. Ces valeurs sont en effet essentielles pour construire une union solide. Cependant, en matière de mariage, même si l’intention est louable, cette révélation peut s’avérer être une mauvaise idée. L’acceptation préalable de ces péchés par votre futur conjoint ne garantit pas l’absence de répercussions futures. Après le mariage, ces révélations peuvent ressurgir et engendrer des sentiments de dégoût, de méfiance ou autres, altérant l’image que l’un des époux a de son conjoint de manière irréversible et créant des obstacles insurmontables dans les relations intimes.

Après vous être sincèrement repenti, si Dieu a caché vos péchés, il faut les garder cachés.

D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Toute ma communauté est pardonnée sauf ceux qui font de la moujahara. (*)
Et certes fait partie de la moujahara qu’un homme fasse quelque chose la nuit, puis au matin, alors que Allah l’a caché, il dit: Ô untel ! Hier j’ai fait telle et telle chose.
Certes il a passé la nuit en étant caché par son Seigneur et le matin il découvre ce que son Seigneur a caché ».
(Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°6069 et Mouslim dans son Sahih n°2990)

Source : Hadith du Jour

Si votre futur conjoint a exprimé son désir d’épouser une personne qui n’a jamais commis ce genre de péché, c’est son droit. Dans ce cas, l’honnêteté voudrait que vous vous retiriez, mais sans révéler vos péchés. Vous pouvez simplement dire que suite à la salat istikhara (prière de consultation), vous ne souhaitez pas poursuivre.

Il est important de souligner que ni vous, ni votre futur conjoint ne devrait poser de questions de façon directe sur les péchés que vous avez pu commettre dans le passé, ou vous demander de façon directe si vous êtes vierge. Si c’est un critère de choix du conjoint, il faut simplement l’indiquer à la personne puis lui laisser la possiblité de se retirer si elle ne remplit pas ce critère. Mais lui poser la question directement la met devant un dilemme : devoir mentir ou devoir révéler ses péchés.Révéler ses péchés pour ne pas mentir pourrait mettre la personne extrêmement mal à l’aise, en touchant son honneur et sa dignité.

D’après ‘Abdallah Ibn Mass’oud (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit :

« Celui qui se repent d’un péché est comme celui qui n’a pas de péché ».

(Rapporté par Ibn Maja dans ses Sounan n°4250 et authentifié par cheikh Albani dans sa correction de Sounan Ibn Maja)

Source : Hadith Du Jour

Un exemple poignant est une histoire qui s’est déroulée sous le califat de Omar ibn Al Khattab :

Al Sha’biy a  rapporté qu’un homme vint voir ‘Umar ibn al Khattab et lui dit : « j’ai une fille qui est née sous l’ère de la jahiliyyah puis est entrée dans l’Islam. Elle a reçu la sanction (pour avoir commis la fornication). Après cela, elle a pris une lame et a essayé de s’égorger mais j’ai pu la surprendre à temps. Elle avait coupé une partie de sa jugulaire. Elle s’est remise, a changé et s’est tournée vers le Coran. Mais quelqu’un me demande de la lui faire épouser. Dois-je l’informer de l’état dans lequel elle était avant ? » ‘Umar dit : « Veux-tu donc découvrir le voile par lequel Allah l’a couverte ? Si j’apprends que tu as évoqué quelque chose de son passé, je te donnerai un châtiment en exemple pour tous les gens du pays. Plutôt, marie-la du mariage d’une musulmane chaste. »

Source : https://ahlulmadinah.fr/il-me-demande-si-je-suis-vierge

Les 2 cas qui pourraient faire exception :

  • Si un enfant illégitime est né de cette fornication, car cela pourrait avoir des conséquences sur l’avenir du couple et sur la vie familiale. Il est essentiel d’en parler avant de prendre la décision de se marier.
    • Par exemple, l’enfant pourrait réapparaître dans votre vie 10 ou 20 ans plus tard. De plus, il y a le risque, bien que rare, que vos futurs enfants puissent envisager de se marier sans savoir qu’ils sont demi-frères ou demi-sœurs. Si vous êtes dans cette situation, il est compréhensible que vous hésitiez à en parler à un prétendant lors des premiers échanges. Il est toutefois crucial d’aborder ce sujet avant de s’engager dans le mariage. Votre futur conjoint a le droit de connaître tous les aspects de votre passé qui pourraient avoir une incidence significative sur votre vie conjugale et familiale future.
  • Si le futur conjoint a expressément indiqué qu’il cherche une personne qui s’est préservée avant le mariage, il faut respecter son choix et savoir se retirer, sans toutefois révéler votre passé.

Conseil n° 3 : Ne pas accepter les coutumes de la nuit de noces contraires aux valeurs islamiques

Dans certaines fêtes de mariages réunissant des musulmans, en particulier dans des familles d’origine maghrébine, nous retrouvons des coutumes autour de la nuit de noces qui vont à l’encontre des valeurs islamiques de pudeur, dignité et préservation de l’intimité sexuelle des conjoints.

La tradition du «drap blanc»

« Lors des rapports sexuels entre le mari et sa femme menant à la consommation du mariage, la famille de la femme reste chez la famille du mari le temps qu’on leur apporte la pièce d’étoffe mouillée de gouttes de sang, preuve de la consommation effective du mariage.

La famille de la femme, plus particulièrement les femmes et les filles, la prend.

Et sur le champ, elles dansent et poussent des youyous montrant la pièce d’étoffe à toute l’assistance.

Tout le monde se réjouit des premières gouttes de sang marquant le premier mariage. »

Source : Extrait de http://www.3ilmchar3i.net/article-la-tradition-du-drap-blanc-a-l-occasion-du-mariage-50764270.html

Il est indubitable que ces pratiques, qui sont indécentes, déshonorantes et contraires à la pudeur, ne sont nullement rattachées à l’Islam. Il est du devoir de chaque musulman, homme ou femme, de ne pas les accepter, même si cela signifie résister fermement aux pressions familiales qui visent à perpétuer de telles traditions détestables.

L’essentiel est de se mettre d’accord avec son futur conjoint. Et si c’est votre conjoint qui veut vous l’imposer : alors peut-être qu’il faut réinterroger le bien qu’il y a à se marier avec une telle personne.

Les gens n’ont pas à être au courant de ce que vous faites dans l’intimité de votre couple.

Le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a dit :

« Parmi les hommes qui occupent les plus mauvaises places au jour de la Résurrection celui qui révèle des secrets liés à ses rapports avec sa femme ».

(Rapporté par Muslim, 4/157)

Source : Islamweb.net

D’ailleurs, rien ne vous oblige à consommer le mariage le jour même de votre union.

Rien ne vous empêche de prendre le temps de vous connaître avec votre conjoint avant de partager une intimité.

Les gens n’ont pas à savoir où et quand vous allez partager votre première relation intime.

Pour les personnes qui n’ont jamais été mariées auparavant, il peut être particulièrement difficile d’entrer dans une intimité physique directement après le mariage, surtout lorsque les conjoints ne se connaissent que très peu. Chacun a son rythme propre, et il est essentiel que les deux parties trouvent un accord respectant leur confort personnel et leurs limites individuelles. Il est important de se rappeler que notre conduite devrait toujours être guidée par les principes de notre foi, et non par des coutumes qui peuvent leur être contraires.

Chacun son rythme, l’essentiel est que les deux conjoints se mettent d’accord.


Conseil n° 4 : Apprendre les fondamentaux de la biologie et physiologie humaine sexuelle

Si vous avez été scolarisé en France, il est probable que vous ayez suivi des cours de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) sur la « procréation et sexualité humaine ». Toutefois, si les termes tels que oestrogènes, progestérone, testostérone, corps jaune, follicules, tubes séminifères, ovocytes… sont devenus flous, il serait bénéfique de rafraîchir ces connaissances avant le mariage. Des contenus simplifiés et accessibles sont disponibles en ligne pour une révision ludique des fondamentaux. Cependant, veillez à ce que ces ressources soient en accord avec notre éthique musulmane, car certains sites peuvent contenir des images inappropriées.

Pourquoi est-il important de réviser ces notions avant le mariage ?

Premièrement, comprendre le fonctionnement du corps de l’autre est primordial pour un épanouissement dans les relations intimes. Savoir ce qu’est une relation sexuelle normale et comment fonctionnent les organes reproducteurs est essentiel.

Ensuite, il est crucial de corriger les fausses perceptions de la sexualité, possiblement influencées par la pornographie. Celle-ci offre une représentation dégradante et irréaliste de la sexualité, pouvant engendrer des complexes et des blocages.

De plus, il est important de comprendre les divers moyens de contraception et leur fonctionnement pour faire un choix éclairé. Il faut comprendre par exemple comment fonctionne la pilule ou le stérilet hormonal, quel impact ils peuvent avoir sur le corps de la femme.

Enfin, trop de couples essaient pendant des mois d’initier une grossesse, et pensent à tort souffrir d’infertilité, alors qu’ils ne savent pas comment favoriser une fécondation. Selon l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques), il faut en moyenne 7 mois à un couple pour concevoir un enfant.

Ainsi, il est essentiel de comprendre les bases de la physiologie humaine pour réussir votre union. Les compétences minimales à acquérir comprennent :

  • Connaissances de base en physiologie féminine et masculine
  • Compréhension des différents moyens de contraception
  • Préparation à une grossesse et compréhension de la fécondation

Si vous et votre futur conjoint souhaitez concevoir un enfant le plus tôt possible, il est important de comprendre quelques principes fondamentaux pour favoriser la fécondation. Par exemple, comprendre le cycle d’ovulation d’une femme et comment utiliser des tests d’ovulation peut être très utile.

La femme est fertile lorsqu’elle ovule.

L’ovulation a lieu en milieu de cycle, autour du 13e 14e jour, mais cela peut fortement varier d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre.

Des tests d’ovulation existent pour savoir quand cette période commence.

Lorsque l’ovulation survient, un ovocyte est libéré, prêt à être fécondé mais il ne demeure dans l’appareil génital féminin que 12 à 24h ! C’est la période durant laquelle la rencontre avec un spermatozoïde doit se faire pour qu’il y ait fécondation.

D’où l’importance d’utiliser des tests d’ovulation, pour savoir quand la période d’ovulation a lieu, et ne pas manquer ce rendez-vous. Bien que les tests d’ovulation ne soient pas précis (ils détectent l’augmentation des hormones LH 24 à 48h avant l’ovulation), ils vont toutefois donner une information précieuse pour déterminer la période de fertilité.

Du côté des spermatozoïdes, ils survivent de 2 à 5 jours dans l’appareil génital féminin. L’idéal est que les spermatozoïdes soient déjà présents dans l’appareil génital féminin quand l’ovocyte est libéré, ou qu’ils soient présents dans les 24h suivant la libération de l’ovocyte, avant qu’il ne se dégrade.

Sachant également que la fréquence des rapports augmente la qualité des spermatozoïdes, selon une étude australienne menée par le Dr Greening (moins d’anomalies cellulaires et plus de mobilité), il faut au minimum que les rapports sexuels aient lieu tous les 2 jours dans la période d’ovulation (5 jours avant et 2 jours après) voire tous les jours. Si tous les jours n’est pas possible, tous les 2 jours est un bon calcul puisque les spermatozoïdes survivent de 2 à 5 jours dans l’appareil génital féminin comme dit précédemment.

Pour une femme qui projette de se marier, elle devrait d’ores et déjà tenir un calendrier de son cycle menstruel, et apprendre à reconnaître tous les signes d’évolution de son cycle. En effet, avec de l’entraînement, elle arrivera à repérer ses périodes de fertilité très facilement, même sans test d’ovulation. La prise de température tous les matins au réveil peut aussi être utile, en tenant une courbe de température, on peut repérer sa période d’ovulation, car la température corporelle chute à son point le plus bas juste avant l’ovulation. Il existe de nombreuses applications de calendrier menstruel sur smartphone qui permettent de faire ce suivi.

Voici des ressources utiles, claires et simples pour acquérir ces basiques (ou réviser) :

Appareil génital féminin : https://www.gynandco.fr/les-organes-genitaux-feminins/

Structure du système génital masculin en vidéo, en schéma et en 3D : Présentation du système reproducteur masculin MSD Manuals

Toutes les questions sur les règles et le cycle menstruel :

Tout savoir sur le cycle menstruel

Les règles, c’est quoi ?

Comment se déroule la fécondation : https://www.gynandco.fr/la-fecondation-et-ses-etapes/

Tout savoir sur l’ovulation : L’ovulation : date, symptômes et période de fertilité

Note : Ces sources ont été choisies car elles ne contiennent pas d’images inappropriées, mais des schémas uniquement.

En somme, une connaissance de base de la biologie et de la physiologie humaine peut grandement faciliter la communication et la compréhension entre les conjoints, en particulier en ce qui concerne la sexualité et la procréation. Assurez-vous de vous équiper de ces connaissances avant de vous engager dans le mariage. N’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé pour obtenir des informations spécifiques et personnalisées.


Conseil n° 5 : S’accorder sur la question de la contraception avant le mariage

Il est essentiel d’aborder la question de la contraception avant le mariage. En effet, une grossesse peut survenir dès la nuit de noces. Si les deux conjoints l’attendent et la désirent, c’est une merveilleuse nouvelle, grâce à Allah. Cependant, si le sujet de la contraception et de la grossesse n’a pas été discuté en amont, cela peut être mal vécu et conduire à des tensions, surtout si l’un des conjoints, ou les deux, n’étaient pas prêts à accueillir un enfant aussi tôt dans le mariage.

La question de la contraception, ou le choix de ne pas en utiliser, doit être abordée avant le mariage. C’est un point crucial. Il faut comprendre que le mariage représente déjà une transition majeure et une grossesse non désirée peut introduire une tension additionnelle, mettant à rude épreuve la solidité du couple nouvellement formé dans cette étape de vie inédite.

Il est donc indispensable de discuter de ce sujet avant le mariage. Cela peut paraître délicat entre deux personnes qui ne sont pas encore mariées, et il est certain que ce n’est pas un sujet à aborder lors de la première rencontre. Cependant, lorsque les choses sont sérieuses et que vous envisagez tous les deux de vous marier, cette discussion doit avoir lieu.

D’ailleurs, si les deux conjoints sont d’accord pour avoir un enfant rapidement, il peut être utile pour la future épouse de prendre certaines mesures avant le mariage :

  • Arrêter toute forme de contraception, si elle en utilise (pilule, stérilet, etc.) ;
  • Commencer à prendre de la vitamine B9 (acide folique) qui aide à prévenir certaines malformations du système nerveux chez le fœtus, comme le Spina Bifida. La vitamine B9 doit être prise avant la conception, au moins un mois avant. Sachant que la plupart des femmes ont une carence en B9, il est conseillé d’anticiper et de commencer une supplémentation avant le mariage. Vous pouvez trouver plus d’informations sur la vitamine B9 ici : Désir d’enfant et grossesse : pourquoi prendre de la vitamine B9. Vous pouvez trouver cette vitamine dans les pharmacies à un prix raisonnable.

Il est idéal de se faire accompagner par une gynécologue ou une sage-femme dans son projet de grossesse. Ces professionnels de la santé peuvent vous aider à préparer votre corps pour la grossesse en vous conseillant sur les examens à effectuer (frottis, examens gynécologiques, bilans sanguins), les suppléments à prendre et en vous donnant des conseils pour concevoir plus facilement (connaître ses jours de fertilité, prévoir les dates d’ovulation).

En définitive, un dialogue entre futurs époux à propos de la contraception s’avère indispensable avant le mariage. Que vous optiez pour l’utilisation d’une méthode contraceptive ou non, et quelle que soit la méthode choisie, il est primordial que cette décision soit le fruit d’une concertation réfléchie et acceptée de part et d’autre.


Conseil n°6 – Cultiver l’acceptation de son corps, s’aimer soi-même et surmonter ses complexes pour lâcher prise

« La santé sexuelle est un état de bien-être physique, émotionnel, mental, associé à la sexualité. Il s’agit donc d’une approche globale de la sexualité qui se veut positive et ne se limite pas aux aspects sanitaires. La santé sexuelle implique ainsi les questions de respect de soi et de l’autre, de plaisir et/ou de procréation ».

Source : Ministère des Solidarités et de la Santé

Pour trouver l’épanouissement avec son conjoint, il faut être en capacité de faire confiance à l’autre mais aussi de « lâcher prise ». Cela passe par un travail sur sa propre image corporelle et sur ses complexes.

Si le cadre du mariage islamique nous permet de rapidement instaurer la confiance, par cet engagement solennel de chacun devant Allah, surmonter ses complexes peut s’avérer plus compliqué, en particulier en cas de remariage.

Une personne, homme ou femme, peut avoir une vision dévalorisée de son propre corps à la suite d’un précédent mariage, ponctué de violences, d’abus ou de maltraitances psychologiques de la part de son ex-conjoint. Cette expérience traumatisante peut induire une perte de l’estime de soi, avec des répercussions sur la perception de son image corporelle.

Un organisme, ZAVA, service de consultations médicales à distance, a mené une étude en 2018 auprès de 1061 personnes, interrogées en ligne, sur leurs complexes en matière de sexualité. Ces personnes étaient d’une part des européens (47%) et d’autre part des américains (51%). L’enquête complète est consultable ici : Enquête Zava : Qu’est-ce qui nous empêche de nous lâcher au lit ?Enquête ZAVA.

Cette étude met en lumière les origines de nos complexes dans la sexualité :

« Les femmes sont visiblement plus soucieuses de leur image corporelle, là où les hommes sont plus inquiets de la manière dont ils performent sexuellement pour leur partenaire. Ils sont 16% de plus que les femmes à manquer de sécurité sur ce point ».

Source : ZAVA

Il est intéressant de voir aussi que les parties du corps génératrices de complexes sont différentes entre l’homme et la femme :

Enfin, l’infographie suivante montre l’importance de travailler ensemble au sein du couple sur ces sources de complexes, car entre l’homme et la femme les perceptions sont souvent faussées :

« Bien sûr, le propre des complexes, c’est souvent d’être dans la tête. Alors nous avons cherché à comprendre si l’objet des complexes avait de bonnes raisons d’être, et si les partenaires étaient effectivement repoussés, ou impactés par l’objet du complexe.

Sans surprise, si 78% des femmes et 61% des hommes manquent de confiance quant à leur image corporelle, seulement 19% des hommes et 8% des femmes se disent en réalité soucieux ou gênés par le corps de leur partenaire ».

Source : ZAVA

Je vous encourage à lire l’analyse complète de cette enquête très instructive. Elle vous aidera à réfléchir à vos propres complexes qui pourraient entraver votre épanouissement dans les relations intimes. De plus, il pourrait être bénéfique de relire cette enquête avec votre partenaire après le mariage, car elle peut servir d’outil pour faciliter la discussion sur ce sujet délicat.


Conseil n° 7 – Anticiper et résoudre les problèmes de santé sexuelle avant le mariage

Dans cette section, nous allons aborder certains troubles sexuels courants chez les hommes et les femmes :

Troubles fémininsTroubles masculins
Dyspaneuries (douleurs lors du rapport) – dont le vaginisme (contraction involontaire de la musculature du périnée, rendant impossible la pénétration)Troubles de l’éjaculation : éjaculation précoce, éjaculation rétrograde (éjaculation dans la vessie de l’homme), anéjaculation (absence d’éjaculation)
Dysfonction orgasmique féminine (diminution d’intensité de l’orgasme, allongement du temps nécessaire pour obtenir un orgasme, diminution de fréquence de l’orgasme, ou absence d’orgasme)Troubles de l’érection : impuissance (« panne sexuelle ») / priapisme (érection persistante et douloureuse)
Troubles de la libido Troubles de la libido
Anorgasmie (impossibilité d’avoir un orgasme)
Sources : A partir d’articles de Top Santé /MSD Manuals / Passeport Santé

Si vous avez déjà été marié, vous avez peut-être déjà rencontré des difficultés dans votre relation à cause de l’un de ces troubles. Avant de vous remarier, il est crucial de consulter un professionnel de la santé. Des solutions existent pour chacun de ces problèmes. Ignorer le problème et vous remarier sans l’avoir résolu, c’est vous exposer à des difficultés futures.

De plus, certains troubles, en particulier chez les hommes, peuvent découler d’une addiction sexuelle (comme l’addiction à la pornographie), un sujet que j’ai déjà abordé dans cet article : 6 problèmes personnels à regler impérativement avant le mariage islamique.

Si vous n’avez jamais été marié et que vous avez subi des abus ou des violences sexuelles, vous pouvez craindre à juste titre que ce traumatisme puisse engendrer un trouble sexuel qui se révélera lors de votre mariage. Entreprendre une thérapie avant votre mariage peut être bénéfique, et vous pourrez utilement la poursuivre après votre mariage pour améliorer la qualité de vos relations intimes.

Certains troubles sexuels ont des causes psychologiques, d’autres des causes physiques, et certains sont mixtes. Mais, dans notre communauté, il existe aussi des troubles qui ont pour origine un mal occulte. Il ne faut pas y penser d’emblée, mais une fois que les spécialistes en médecine et psychologie ont été consultés et qu’aucun dysfonctionnement n’a été trouvé.

En résumé : éliminez d’abord une cause médicale, puis envisagez une intervention sur le plan psychologique, et enfin, consultez un spécialiste musulman pratiquant la roqya légiférée (en évitant les pratiques douteuses qui peuvent aggraver les problèmes). Pour exemple, voici un cas et les recommandations apportées : Incapacité d’avoir des rapports sexuels avec sa femme Fatwa n° 194095.

Il est difficile de reconnaître que l’on a un problème dans ce domaine. Mais, comprenez bien, vous n’atteindrez pas l’épanouissement conjugal avec votre futur conjoint si vous restez dans le déni et le tabou, et si vous ne traitez pas pas le problème à la racine.

Consulter un sexologue musulman peut être préférable pour respecter l’éthique musulmane dans le discours et la conception de la sexualité. Sachez que reconnaître et aborder ces problèmes n’est pas un signe de faiblesse, mais une étape essentielle pour construire une relation conjugale équilibrée et épanouissante. En faisant face à ces problèmes, vous posez les bases d’un mariage basé sur la compréhension mutuelle, le respect et l’amour.


Conseil n° 8 – Développer une communication ouverte sur la sexualité dès le début du mariage

Une enquête réalisée par le Huffington Post en 2016, intitulée 6 raisons pour lesquelles les femmes divorcent, selon des thérapeutes de couple, souligne l’insatisfaction sexuelle comme l’une des principales raisons de divorce pour les femmes. Selon la thérapeute de couple Christine Wilke, « dans de nombreux cas, le mari n’a pas conscience des problèmes conjugaux ». Elle souligne que « de bonnes compétences en communication sont essentielles dans une relation saine ». En effet, une autre étude montre que la mauvaise communication est la principale raison pour laquelle les couples se séparent.

Il est donc primordial de traiter ce sujet sans tabou dès le début du mariage.

Les sujets à discuter une fois que vous êtes mariés pourraient inclure (n’hésitez pas à vous baser sur la liste ci-dessous et à la parcourir avec votre conjoint pour faciliter la discussion) :

  • La fréquence des relations : établir une fréquence minimale à laquelle vous vous conformerez tous les deux peut aider à maintenir le lien d’intimité et l’harmonie du couple dans toutes les circonstances de la vie, y compris lors de périodes délicates comme l’arrivée d’un premier enfant.
  • Les pratiques que l’on refuse absolument (même si elles sont permises) et celles qui pourraient être acceptées plus tard (lorsque l’on se connaît mieux). Écouter son conjoint sur ces points aide à instaurer une confiance mutuelle et à faire en sorte que chacun se sente en sécurité.
  • Aborder l’importance de ne pas interrompre les rapports pendant la grossesse et de les reprendre le plus rapidement possible après l’accouchement. C’est une période très délicate pour de nombreux couples.
  • Pendant les menstruations et surtout si les menstruations sont prolongées : il est important de convenir de maintenir une certaine intimité, dans les limites de ce qui est permis.
  • Planifier des moments réguliers, uniquement pour le couple, une fois par semaine par exemple, pour entretenir le romantisme : une sortie, un restaurant, une activité…
  • Faire le point régulièrement pour discuter de l’épanouissement dans les rapports intimes, et savoir exprimer ses désirs et ses frustrations.
  • S’engager mutuellement à consulter un thérapeute ensemble, si l’un des deux ne trouve pas l’épanouissement dans les relations intimes. Il est essentiel de comprendre que chercher de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais une preuve de respect mutuel et d’engagement envers le bien-être du couple.

Conclusion

De nombreux problèmes au sein des couples sont souvent liés à des non-dits concernant la sexualité, ou un manque d’épanouissement dans la vie intime. Beaucoup de divorces trouvent leur véritable origine dans un manque d’épanouissement sexuel, une réalité souvent passée sous silence en raison de tabous persistants.

Une préparation adéquate avant le mariage et une communication ouverte dès le début de la vie conjugale sont des éléments clés pour favoriser l’épanouissement au sein du couple et réussir son mariage islamique, incha Allah.

Si, malgré tous vos efforts, vous ne parvenez pas à résoudre ces problèmes dans votre couple, n’hésitez pas à consulter un sexologue musulman.

Qu’Allah vous accorde l’épanouissement et le bonheur conjugal. Amine.

Pour aller plus loin :

Pour connaître toutes les règles religieuses en matière de relations intimes : dourous de Nader Abou Anas : Dourous.net Le Mariage (voir le cours « La nuit de noces » et le cours « Les relations intimes »).


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